Avant de quitter les terres marquées par le Débarquement, nous avons fait une halte au cimetière allemand de La Cambe. L’atmosphère y est très différente des cimetières américains : plus sobre, plus sombre aussi. Sous les grands arbres reposent plus de 20 000 soldats allemands, souvent très jeunes. Ici, pas de grandes croix blanches parfaitement alignées mais de petites stèles sombres et un immense tumulus central. Un lieu qui rappelle que derrière les uniformes et les camps, la guerre a surtout englouti une génération entière d’Européens.

Puis changement total d’ambiance sur la route vers la côte fleurie. En direction de Deauville, un panneau “Fête du Fromage” à Pont-l’Évêque a immédiatement changé nos plans. Il ne nous a pas fallu longtemps pour décider de s’y arrêter pour le déjeuner ! Au menu : une boîte chaude de pont-l’évêque absolument décadente, bien coulante, accompagnée de pain grillé (on aurait bien aimé des patates) et de charcuterie. Clairement, le détour valait largement le coup.

Après ça, passage à Deauville… et comment dire : ce n’est pas vraiment notre ambiance. Certes, les célèbres planches, les parasols colorés et les villas Belle Époque rappellent l’âge d’or des bains de mer et du tourisme mondain lancé sous Napoléon III, mais on y a surtout trouvé une station balnéaire très chic, très codifiée, et un peu artificielle. Beaucoup de belles vitrines, de voitures hors de prix et une impression d’être surtout au royaume des “richou”. Jolie à voir une fois, mais sans doute pas l’endroit où l’on s’attarderait.

Direction donc Honfleur, et là, coup de cœur immédiat. Malgré la foule du jour férié, la ville garde un charme fou. Son vieux bassin bordé de hautes maisons étroites a inspiré de nombreux peintres impressionnistes comme Monet ou Boudin. On comprend vite pourquoi : la lumière y est magnifique et l’atmosphère très vivante. Petite glace dégustée sur le port avant de s’échapper dans les ruelles pavées, beaucoup plus calmes, entre galeries et maisons à colombages.

En fin de journée, arrivée au Havre par le pont de Normandie. Ville souvent mal aimée mais fascinante à sa manière. Presque entièrement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été reconstruite par l’architecte Auguste Perret en béton armé, avec une architecture moderne aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une ville très différente du reste de la Normandie : plus brute, géométrique, tournée vers le large et son immense port industriel. Balade au coucher du soleil avant de terminer la journée autour d’un fish and chips dans un pub.